Le Journal du jeudi 24 mai 2018 (Le Journal S1E84)

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Le Journal du jeudi 24 mai 2018 (Le Journal S1E84)


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Prompteur

Bonsoir à tous, il est 20h bienvenue vous êtes devant le JT du Média, ce soir on a programme qui va vous plaire vous allez le voir, on reçoit Yassine Belattar et Aboubakar Sakanoko qui viennent nous parler du rapport Borloo sur les banlieues, et de ce que compte en faire le gouvernement, on aura aussi en plateau Marianne Cabaret, elle est professeure d’histoire géographie au lycée VOltaire et depuis 2 jours elle voit les résultats de Parcoursup et ses effets sur ses élèves elle nous dira ce qu’elle en pense, et puis on reçoit également Emmanuelle Posse, parent d’élève, sa fille a été mise en garde à vue après l’occupation du Lycée Arago à paris, on vous en parlait plus tôt dans la semaine, vous verrez c’est assez édifiant, et on terminera en beauté ce JT avec Léonard Vincent qui ce soir a une surprise pour vous puisqu’il vous présentera l’anti-journal international: en bref tout dont vous AURIEZ du entendre parler dans le reste du monde...


Et tout de suite on va commencer avec les suites de l’affaire du lycée Arago, c’est parti :)


C’est une affaire qui secoue le monde étudiant: 27 mineurs ont été arrêtés et mis en garde à vue et ont été déférés au parquet aujourd’hui parce que mardi soir dernier ils ont occupé pacifiquement le lycée Arago à Paris.

Alors, au média on vous en a parlé dès que l’histoire est sortie, ces mineurs ont été gardés illégalement dans des fourgons de CRS sans pouvoir contacter leurs parents, sans pouvoir avoir accès à un avocat ou à un médecin et pour en parler on a avec nous en plateau Emmanuelle Posse, bonsoir!


ITV


Merci beaucoup Emmanuelle Posse, merci d’être venue en plateau, vous nous tiendrez au courant des suites judiciaires de l’affaire s’il y en a j’espère?


Et on va continuer avec les lycéens, décidément à 3 semaines du bac il leur en arrive des aventures, puisqu’on commence à entrevoir les conséquences de Parcoursup, la plateforme censée les orienter pour l’année prochaine, juste après leur bac, et pour ça on accueille Marianne Cabaret, bonsoir!


Marianne Cabaret on a vu passer l’un de vos tweets aujourd’hui (tweet) vous étiez devant le TGI pour attendre la libération des élèves qui étaient au lycée Arago, comment vous réagissez à cette affaire?


ITV


Merci beaucoup Marianne Cabaret, et bonne chance à vos élèves pour ce bac 2018, vous pariez sur quels sujets en section L ou ES par exemple on va voir si vous avez des talents de devin? :)


  • Ian Brossat Collomb


Selon une information de nos confrères de RTL, Gerard Collomb, le ministre de l’intérieur, aurait confié à ses proches faire un peu durer la situation autours des camps de réfugiés de Paris.


INSERT PHOTO RTL


Pourquoi ? Et bien, c’est assez simple: à deux ans des municipales, tout ce qui peut embêter la marier de Paris Anne Hidalgo est bon à prendre Pour le ministre de l’intérieur...

Yanis Mhamdi a interrogé ce matin à ce sujet Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris au Logement, à l’habitat durable et à l’hébergement d’urgence, il a un avis bien tranché sur la question, regardez:


ITW Brossat


Toujours à propos des migrants, l’évacuation des camps de réfugiés situés dans le 19 eme et 18 eme arrondissement de la capitale est prévue prochainement. C’est une évacuation qui concerne près de 2400 réfugiés et croyez moi chers socios on gardera un œil attentif sur le sujet au Média.


Bumper entretien


  • Banlieue rapport Borloo


Changer la donne: voilà l’ambition qu’affichait l’ancien ministre Jean-Louis Borloo à la remise de son rapport sur les banlieues, un rapport qui contient des pistes innovantes et qui prévoyait 5 milliards d’euros d’investissement dans les banlieues.

Le gouvernement a décidé avant-hier de ne pas suivre ce nouveau plan banlieue et a repoussé sa réflexion à une date inconnue, pour parler de ce plan Borloo mais surtout plus largement des banlieues, j’ai avec moi deux invités de choix:


Yassine Belattar et Aboubakar Sakanoko merci beaucoup d’être venus au Média, j’espère que vous reviendrez quand le gouvernement décidera d’agir pour les banlieues :)


  • Glyphosate


Une enquête au sein de l'Assemblée Nationale, n'aboutit sur... rien ! François de Rugy, le président du parlement a annoncé aujourd'hui que rien ne permettait de déterminer d'où venaient de potentielles fuites sur l'écriture de textes de loi, en direction de lobbyes, concernant le glyphosate.


Pour rappel, le 22 mars dernier, la député ex PS, désormais à Génération écologie, a déposé un amendement à l'Assemblé Nationale pour inscrire dans la loi l'interdiction du glyphosate. Or dès le lendemain, l'amendement fuite en direction d'un lobby : l'UIPP, l'Union de l'industrie de la protection des plantes, qui défend les intérêts des entreprises qui commercialisent les pesticides. Pourtant l'amendement n'était pas public.

Delphine Batho en a été informée par un lanceur d'alerte qui lui a transmis un mail avec en pièce jointe une note de l'UIPP : un argumentaire contre l'amendement.

Ce mail appelle les destinataires à sensibiliser « vos députés », ce qui amène la ministre à s'interroger. Est-ce que le lobby tient un fichier des députés favorables à la sortie des pesticides ?


Mardi, 22 mai, la député est intervenue à l'Assemblée nationale pour dénoncer cette ingérence du lobby de l'agro-chimie. Ecoutons son intervention :


Extrait


Le lendemain, le 23 mai, l'UIPP répond avec un communiqué. (visuel) Vous pouvez le lire à l'écran, selon le lobby il s'agit de « fantasmes de complot ».


Et on accueille Léonard Vincent pour le premier épisode de son anti JT :)


  • Léo anti-journal


LANCEMENT

Alors, Léonard, aujourd'hui, comme tous les jeudis, tu es venu nous parler de l'actualité internationale... Mais cette semaine, tu as choisi une formule un peu originale. Et tu vas même prendre ma place de présentateur pendant quelques minutes pour présenter ce que tu as appelé ton « anti-journal »...


SCRIPT

Eh oui, je voudrais tenter de vous faire une démonstration. Un petit exercice pour démontrer que les priorités de la presse, les choix qu'on fait, les événements portés à la une et sur lesquels on mobilise des journalistes, sont – au fond – parfaitement contingents. On pourrait parfaitement faire d'autres choix.


Aujourd'hui, comme tous les autres médias, j'aurais peut-être dû vous proposer un éclairage sur la visite d'Etat d'Emmanuel Macron en Russie, sur fond de haute tension internationale et de révélations accablantes pour l'armée russe sur la destruction du vol MH17 au-dessus de l'Ukraine. J'aurais aussi pu évoquer le futur nouveau gouvernement xénophobe et démagogique en Italie ou l'autodestruction spectaculaire des installations nucléaires nord-coréennes et l'annulation subséquente, par courrier ordinaire, du sommet prévu entre Donald Trump et Kim Jong-un en juin. Comme tout le monde j'allais dire...


Mais non : aujourd'hui, je voudrais faire autre chose et vous parler de sujets dont vous n'entendrez pas parler, mais qui me semblent essentiels pour avoir un regard complet sur la marche du monde, des sujets qui se sont déroulés ces dernières 24 heures, ou au moins très récemment, alors pour cette fois en Afrique (vous savez que c'est un continent que je connais bien) et qui – pourquoi pas ? – nous concernent directement et donc auraient pu faire la une de nos médias. Un anti-journal, donc, avec une loupe sur l'Afrique...


IBAN : OK, alors on y va...


LEO : Brésil... Des pêcheurs de l'Etat du Maranhao (INSERT) ont secouru le week-end dernier 25 naufragés originaires d'Afrique de l'ouest qui dérivaient sur un catamaran, à plus d'une centaine de kilomètres des côtes. Partis des îles du Cap-Vert, de l'autre côté de l'Atlantique cinq semaines plus tôt, les jeunes hommes retrouvés à bord de l'embarcation à la dérive n'avaient plus rien : ni GPS, tombé en panne, sans moteur, pas assez puissant pour un tel voyage, ni carburant, inadapté au moteur, ni voile, partie avec le mat perdu après quelques jours de mer... On en sait un peu plus depuis hier : il semble bien que vienne de s'ouvrir une nouvelle route d'exil pour les migrants africains, une route maritime non plus vers le Nord, fermé par les autorités européennes et les bandes armées nord-africaines, mais une route vers l'Ouest, vers l'Amérique latine où se présentent pour eux quelques opportunités de refaire leur vie.


Entre-temps, en Algérie (INSERT), les expulsions de migrants africains à travers le désert continuent, malgré les appels du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Mardi en effet, cette agence des Nations unies exhortait Alger à cesser ses pratiques brutales, et notamment les rafles inscriminées dans la rue, au faciès, sur les chantiers de construction où ils travaillent, et surtout dans les quartiers les plus pauvres où logent les migrants sub-sahariens. Le Haut Commissariat ajouté que, si certains migrants sont rapidement laissés dans le désert à la frontière nigérienne, d'autres sont détenus dans des camps militaires dans des conditions – je cite – « inhumaines et dégradantes ». Mais l'Algérie n'a rien répondu à cet appel. Et la peur continue de régner pour les Africains d'Algérie.


En Afrique de l'Est, regain de tension entre le Somaliland, un pays qui n'est pas reconnu internationalement, et la région autonome du Puntland, en Somalie (INSERT). Des épisodes de guerre ouverte ont même eu lieu ces dernières semaines, autour d'une bande de territoire frontalière revendiquée par les deux gouvernements. Ce matin encore, les combats entre les deux armées ont repris avec une intensité rare autour de la localité de Tukaraq, faisant de nombreux morts des deux côtés. Ni les exhortations de la capitale fédérale de la Somalie, ni les médiations internationales, n'ont pour l'instant réussi à faire taire les armes, après des années de haine et de récriminations simultanées. Je rappelle que le Somaliland, un pays relativement démocratique et qui entretient de bonnes relations avec la communauté internationale, a fait sécession et déclaré unilatéralement son indépendance lors de l'effondrement de la Somalie, en 1991, et vit depuis dans une espèce d'irréalité politique, tandis que la Somalie du sud est engagée dans un processus de rétablissement des institutions et d'une autorité centrale, malgré les tensions entre provinces et les guérillas djihadistes qui font tout pour l'en empêcher.


La Somalie, toujours, et notamment l'intérieur des terres somaliennes, durement touchées par des inondations soudaines depuis plusieurs semaines... Une dévastation et des morts notoirement provoquée par le réchauffement du climat, qui n'est pas suffisamment pris au sérieux. D'après l'ONU, ce sont pas moins de 700 000 personnes qui ont vu leurs maigres possessions détruites par les eaux torrentielles, et plus de 175 000 d'entre elles ont été contraintes de quitter leurs terres (INSERT). Une quarantaine de personnes sont mortes emportées par les eaux. Les Nations unies s'efforcent d'apporter un secours d'urgence aux régions touchées, des régions surtout agricoles, ce qui fait craindre le retour d'épisodes de manque de nourriture dans quelques mois. Mais l'ONU note, dans un document distribué à la presse que – je cite – « e plan de réponse humanitaire pour 2018 en Somalie, totalisant 1,5 milliard de dollars (avant les inondations), n'est financé qu'à hauteur de 19%. »


Non loin de là, les efforts de l'Ethiopie pour contraindre les belligérants de son voisin, le Soudan du Sud, à signer un nouvel accord de partage de pouvoir n'ont encore une fois rien donné. Réunis pendant une semaine à Addis Abéba (INSERT), le gouvernement du président Salva Kiir et l'opposition armée ne sont pas parvenus à s'entendre. Les forces politiques du pays se sont scindés en plusieurs factions armées voici bientôt trois ans, alors même que le pays célébrait le quatrième anniversaire de son indépendance. Elles étaient toutes issues du mouvement indépendantiste. Mais ce qui n'avait jamais été réglé durant les combats pour la libération a très vite ressurgi : les haines entre les différentes familles sud-soudanaises ont dégénéré en guerre civile. Et malgré une guerre de basse intensité, comme on dit, la population sud-soudanaise est contrainte à la misère, à la mort ou à la fuite, notamment vers l'Ouganda ou l'Ethiopie, où ils sont plusieurs centaines de milliers à s'être réfugiés, avec l'assistance de ces pays, en attendant la paix.


Mais en Ethiopie, en revanche, puissance régionale essentielle dans l'Afrique d'aujourd'hui, l'espoir est de nouveau à l'ordre du jour. Le nouveau Premier ministre Abyi Ahmed multiplie les initiatives pour tenter d'apaiser les conflits qui gangrène son pays depuis des années. Depuis sa nomination il y a deux mois, après une longue crise politique, il a commencé à profondément remanier cet immense Etat composé de plus d'une dizaines de nationalités. Et de fait, l'Ethiopie s'est apaisée : plus de manifestations en pays oromo ou amhara, plus de prisonniers politiques dans les centres pénitentiaires. Et même : le retour des exilés. Les dirigeants d'un groupe de l'opposition radicale (INSERT) sont même rentrés au pays hier, pour immédiatement rencontrer le chef du gouvernement et entamer avec lui un processus de désarmement et d'intégration dans le champ politique... Une révolution tranquille, donc, après plusieurs années d'incertitude.


Ce qui nous amène à notre dernier point d'aimantation du continent de cet anti-journal : l'Erythrée voisine, qui célèbre aujourd'hui même les vingt-cinq ans de son indépendance. C'est en effet le 24 mai 1993 que les Erythréens ont voté – pour la première et dernière fois de leur vie – pour réaliser le rêve de leurs parents. Un anniversaire pourtant fêté dans la morosité dans un pays immobile, étouffé par un parti-Etat omniprésent et une armée toute-puissante depuis 2001 (INSERT), et dont la population fuit par toutes les frontières depuis une bonne dizaine d'années et qui vient grossir les rangs des exilés errants que les polices européennes brutalisent et qui alimentent en carburant les moteurs à pistons de nos esprits les plus paranoïaques... Mais malgré tout, connaissant l'attachement fiévreux des Erythréens pour leur patrie, malgré les temps médiocres et brutaux, malgré les injustices et la tristesse, je vous propose de leur souhaiter un très bon anniversaire, puisque la nation érythréenne n'est pas seulement à Asmara ou dans les basses terres des rives de la mer Rouge, mais elle est aussi présente, en personne, à Calais, à Grande Synthe, à Vintimille et aux portes glauques de nos préfectures...


Merci Léo pour ce premier anti journal! C’est la fin de votre JT, tout de suite vous retrouvez un nouvel épisode de Dans la gueule du Loup, ce soir Jacques Cotta reçoit pour parler de la justice et de ses réformes des pénaliste de renom comme William Bourdon ou Delphine Boesel mais aussi Youssef Badr porte parole du ministère de la Justice

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