Le Journal du lundi 28 mai 2018 (Le Journal S1E86)

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Le Journal du lundi 28 mai 2018 (Le Journal S1E86)


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Bonjour, vous êtes sur le Média et vous regardez le Journal, votre journal.

Ce soir, on va revenir sur la marée populaire, de la crise politique italienne avec Lenny Benbara du Vent se Lève, de Mamoudou Gassama – qu'on se gardera d'appeler Spiderman- et également de transidentités avec Océan et Maëlle Le Corre.


Mais avant de revenir sur la marée populaire, nous voulons évoquer la mort de Serge Dassault, survenue ce lundi 28 mai dans l'après-midi. Soutien de Nicolas Sarkozy, homme politique, longtemps sénateur du 91, chef d'entreprise dans l'industrie de l'armement et de l'aéronautique, il était de ces hommes de pouvoir qui savaient qu'un média permettait d'exercer une influence importante. Ainsi il était le propriétaire du Figaro. Serge Dassault avait 93 ans.


À l'appel d'Attac et d'autres organisations syndicales ou politiques, 200 défilés de citoyens ont convergé dans les rues de leurs villes « contre l'incendie Macron, un tsunami populaire ». Si nos reporters sur place ont noté qu'il y avait moins de monde que pour le 5 mai, les cortèges ont néanmoins été massifs selon nos reporters. À Paris, des citoyens ont convergé de la Gare de l'est à Bastille. Reda Settar y était et est allé à la rencontre des manifestantes et manifestants.


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Cette marée populaire avait une autre spécificité. Le cortège de tête n'accueillait pas seulement les blacks blocs dont on a beaucoup parlé ici et ailleurs récemment.

D'autres groupes se sont placés en avant-poste de la manifestation, à l'appel du comité Vérité pour Adama. Des collectifs de banlieue, de sans-papiers, le pink bloc, le collectif asiatique décolonial et divers mouvements, plutôt relégués en fin de manifestation ou hors de ces rassemblements, puisqu'ils organisent les leur. Reda Settar et Rémi-Kenzo Pagès, toujours eux, sont allés à leur rencontre. On regarde.


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Les politiques n'étaient pas en reste. Yanis Mhamdi les a croisés dans le défilé et a compilé pour nous leurs réactions.


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Merci à Rémy-Kenzo Pagès, Reda Settar, Yanis Mhamdi, Virginie Cresci et Robin Vollais au cadre et au montage pour ce retour.


Dans l'actualité française toujours, l'enquête administrative autour de l'évacuation violente de la faculté de droit de Montpellier occupée par des étudiant.e.s est bouclée. Vous vous en souvenez sûrement, nous vous en avions parlé. Dans la nuit du 22 au 23 mars dernier, des individus cagoulés armés de lattes en bois avaient blessé des étudiant.e.s. L'enquête administrative pointe le rôle de Philippe Pétel, le doyen de la faculté, et d'un professeur de droit, suspectés d'avoir fait entrer les hommes cagoulés. Le Journal du Dimanche s'est procuré un rapport de 28 pages qui met particulièrement en évidence, le rôle crucial des deux responsables pédagogiques. INFOG//Le document affirme que la responsabilité de Philippe Pétel « en donnant l'ordre de libérer le passage, d'ouvrir le portillon d'accès du parking et en effectuant plusieurs allées et venues entre le parking et le hall, s'avère pleinement engagée dans l'intrusion du commando cagoulé. » / fin INFOG Le doyen et le professeur ont été suspendus et mis en examen. Pour l'heure, l'enquête judiciaire est toujours en cours.


Tout de suite, c'est la chronique de Théophile !

MAMOUDOU GASSAMA

Ce soir, Théophile est donc avec nous ! Salut Théophile ! Tu es venu pour nous parler de l'histoire qui a marqué notre week-end et sans doute le votre, celle de Mamoudou Gassama. Elle a commencé sur les réseaux sociaux et a fini dans le bureau d'Emmanuel Macron…


Théophile : Oui, je rappelle un peu l’Histoire, au cas très hypothétique où quelques-uns de nos spectateurs n’en auraient pas entendu parler. Les faits se sont déroulés dans le 18ème arrondissement de Paris, samedi dernier.


INSERT

(VIDEO 1).


Le voisinage aperçoit un enfant suspendu sur le rebord extérieur d’un balcon, au quatrième étage d’un immeuble. Il peut tomber à n’importe quel moment et s’écraser au sol. C’est alors qu’un passant vient au secours de cet enfant, de manière hyper spectaculaire et en prenant des risques assez fous. Plus tard, on apprend qu’il s’appelle Mamoudou Gassama, qu’il a 23 ans, qu’il est Malien et sans-papiers. Et ce matin, Emmanuel Macron l’a reçu à l’Elysée


(PHOTO 1),


lui a annoncé sa régularisation et son embauche au sein des pompiers de Paris. Il lui a même proposé de déposer une demande de naturalisation. C’est une belle histoire, mais également une histoire ambiguë qui devrait nous interroger.

Déjà sur les rapports que notre société du spectacle entretient avec des émotions qui sont sur le moment très fortes, teintées de larmes et ponctuées de buzz, mais au final éphémères et sans conséquences sur le long terme. On se souvient du petit Aylan Kurdi

(PHOTO 2),

trois ans, retrouvé sur une plage turque, et qui est devenu le symbole de la détresse des réfugiés syriens. Qu’en est-il resté ? Pas grand-chose, une fois la vague de bons sentiments passés. L’empathie vis-à-vis des exilés n’a pas grimpé en flèche. La nécessité de prendre en compte les fracas de l’histoire mondiale dans notre compréhension de ce qui peut nous arriver au niveau national, la prise de conscience de la responsabilité de nos Etats dans le chaos militaire, économique et climatique qui produit les vagues de migration… rien de tout cela ne structure sérieusement le discours médiatique ou politique.

On pleure un petit coup, on partage sur Facebook, et on se sent bien, on se sent bon.

La belle histoire de Mamoudou Gassama doit aussi nous faire réfléchir sur notre regard sur l’héroïsme et les héros.

Quand on est un sans-papier, faut-il être un héros pour être régularisé en 2018 en France ? Nous parlons d’un pays où jusqu’en 1999, avec le gouvernement Jospin et Jean-Pierre Chevènement, qui était loin d’un gauchiste chevelu, des régularisations massives de sans-papiers avaient lieu sans que la submersion que nous promettent les prophètes du « grand remplacement » n’ait lieu. Plus on abaisse l’humanité du citoyen ordinaire, plus on élève des héros qui écrasent de leur prestance le pékin lambda. Pour être un peu provocateur, on peut dire : « tu veux avoir des papiers ? OK, mais avant il faut sauver un bébé ! »

Mais au fait, c’est quoi un héros ? Si le voisin, ou les pompiers, ou quelqu’un d’autre avait sauvé le petit garçon du dix-huitième avant Mamoudou, sa pulsion altruiste initiale lui aurait-elle valu le titre de héros ? Et s’il n’était pas parvenu à sauver l’enfant malgré ses efforts ? Et si son acte n’avait pas été filmé, et partagé ? Si nous ne réussissons pas à prouver notre utilité, sommes-nous dignes de recevoir la solidarité de la société ?

Les immigrés clandestins qui s’usent la vie à travailler, gagnent 300 euros au noir et envoient 100 euros à leur famille restée au pays… ces anonymes invisibles qui, en 2016, participent à contribuer au PIB du Liberia à hauteur de 29% ou des Comores à hauteur de 21,2% sont-ils des héros ou des zéros, de simples profiteurs qui viennent manger notre pain et accessoirement nous imposer leur mode de vie ?

Nous sommes en France en 2018. Trois exilés ont été retrouvés morts dans les Alpes


(PHOTO 3)

, dans un intervalle de deux semaines, en tentant de rejoindre la France à partir de l’Italie. Et ceux qui se dévouent pour porter secours à leurs semblables sont susceptibles de se faire arrêter et traduire devant les tribunaux pour délit de solidarité. Nous sommes en 2018, en France, une loi asile-immigration contestée par le Défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme et la quasi-totalité des associations spécialisées a été adoptée à l’Assemblée nationale.

Et dans cette France de 2018, un de ces parias surgit devant nos smartphones, nous montre qu’il est un homme, et qu’en tant que tel il peut être capable du meilleur. Et nous le baptisons « Spiderman », pour lui donner sans trop y penser des droits qu’on refuse à ceux qui lui ressemblent.

Dolores : Merci Théophile pour ton nterrogation complète et sans concession. Petite précision, car on vous a raconté l'histoire sans vous dire comment et pourquoi elle a commencé.

Le père de l’enfant de 4 ans était absent, alors si vous vous demandez pourquoi ? Regardez ce que répond le procureur de de la République de Paris à nos confrères de BFM TV…

Vidéo 15 sec

Le père a été arrêté ; il a été relâché et devrait comparaître devant le juge au mois de septembre. Il risque jusqu’à deux ans de prisons au motif de soustractions à des obligations parentales. La mère étant à la Réunion, l'enfant a été placé dans une structure d'accueil pour le moment. L'histoire ne finit pas bien pour tout le monde. Elle n'est d'ailleurs pas finie et nous suivrons ses développements.


MAYOTTE


Toujours en France, on en parle peu et pourtant, depuis le 10 mai, la terre tremble à Mayotte.

En effet, depuis presque trois semaines, l'ensemble d'îles située sur l'archipel des Comores,

INSERT

vit au rythme des secousses sismisques, près de 700 micro-séismes, un « essaim de séismes », dont une 60 aine, ressentis par la population. Comme vous pouvez le voir à l'écran normalement, il y a eu quelques secousses importantes notamment INSERT INFOG le 10 mai à 8h14 -heure locale-, une le 15 mai un peu avant 19h. La magnitude atteinte de ce séisme a été celle la plus forte jamais enregistrée dans l'archipel des Comores avec 5,8 sur l'échelle de Richter. Il y a eu 3 blessé.e.s graves. Puis le 21 mai, à minuit, la magnitude était redescendue à 5,5. Enfin le plus récent 25 mai, à 9h37, toujours heure locale, la magnitude de la secousse sur l'échelle de Richter est montée jusque 5,3. Mayotte est dans une zone de sismicité dite modérée. Les habitant.e.s sont inquiets, d'autant que comme le précise le préfet dans un communiqué, ces secousses sont difficilement prévisibles.



IRLANDE

Entre héroïsme, moments festifs et militants, le week-end a même été l'occasion de vivre un moment historique même, puisque l'Irlande a enfin fait entrer le droit à l'avortement dans la Constitution. Vendredi, près des deux tiers des 3,3 millions d'électeurs et électrices ont voté en faveur de l'abrogation du 8e amendement de la Constitution qui rendait l'IVG illégal. Jusqu'alors, l'avortement était passible de quatorze ans de détention (et de la prison à vie jusqu'en 2013). C'est pas rien. Au total, ils et elles sont près de 66,4% à avoir dit « oui » à ce droit fondamental pour les femmes. On espère que cela va donner l'envie aux Maltaises et aux Maltais de se mobiliser. C'est en effet le seul pays ou



ITALIE


Le successeur de Paolo Gentiloni n'est déjà plus Giuseppe Conte.


Pour bien comprendre cet imbroglio politique -pour reprendre un mot italien-, il faut avoir en tête que l'Italie est une République parlementaire.

Le peuple vote pour choisir le Parlement, et c'est ce dernier, composé de deux chambres, une haute et une basse qui choisit le Premier avec l'aide d'un formateur (incaricato), qui doit chercher une majorité parlementaire.

Le président, élu pour un mandat de sept ans par le Parlement, valide alors le « Premier ». Sergio Mattarella, l'actuel président, INSERT PHOTO

avait accepté d'investir Giuseppe Conte INSERT PHOTO que lui proposaient Luigi Di Maio, le dirigeant du M5S, et Matteo Salvini, chef de la Lega Nord. Mais coup de théâtre, la proposition de Conte de faire de Paolo Savona, un eurosceptique,

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le nouveau ministre de l'économie n'a pas été validée par Matarella.

Giuseppe Conte a décidé de renoncer à rester « Premier ».

Le président a confié les clés du gouvernement à Carlo Cottarelli, INSERT PHOTO


Avec nous, pour en parler, il y a Lenny Benbara


Bonjour Lenny !


Vous êtes co-fondateur et directeur de la publication du Vent se Lève.


Merci d'être avec nous.


Alors, on assiste une crise politique importante en Italie.


D'un mot, pouvez-vous décrire la situation politique actuelle en Italie ? Diriez-vous qu'elle est bloquée ? Inquiétante ? Pleine d'europtimisme ?


Selon vous, pourquoi le profil du ministre de l'économie pose problème au président ?


Le président a-t-il cédé à des pressions venant de l'Europe selon vous?


Giuseppe Conte avait-il un autre choix que de refuser d'être Premier ?


La décision de Mattarella s'apparente à un camouflet pour la coalition Lega Nord – Cinque Stelle. Evidemment pour Matteo Salvini et Luigi di Maio,respectivement chefs de la Lega Nord d'ailleurs a réagi et promis de faire tout pour destituer le président. Ces menaces peuvent-elles être réellement mises à exécution ?


Parlons un peu de Carlo Cottarelli, le chef de ce gouvernement technique. Qui est-il ? On parle de lui comme d'un technocrate, ancien responsable du FMI. Quel va être son rôle exactement ?


De nouvelles élections vont avoir lieu.


COLOMBIE

Les Colombiens votaient hier pour le premier tour de l'élection présidentielle, un scrutin marqué notamment par une plus grande participation que lors des précédentes consultations. C'est le candidat de la droite dure, opposé à l'accord de paix avec les FARC, Ivan Duque, qui est arrivé en tête avec 39% des voix. Mais pour la première fois en Colombie, le candidat de gauche, Gustavo Petro, l'ancien maire de Bogota, est en bonne position pour le second tour. Il a obtenu 25% des suffrages et pourra sans doute compter sur les reports de voix des partisans de la paix, notamment une partie des électeurs du candidat arrivé troisième, un centriste du Parti Vert, Sergio Fajardo, qui a réuni 23%, ainsi que les Colombiens qui craignent le retour de la violence politique. Tout l'enjeu est désormais de savoir combien ils seront à préférer Gustavo Pedro au candidat de droite, mais aussi la fraude électorale... Le premier tour a été en effet marqué par de nombreux actes d'intimidation. Selon la presse colombienne, le ministère de l'Intérieur a reçu plus de 1000 signalements de menaces ou de fraudes pour la seule journée d'hier. Et, selon un rapport du Conseil d'Etat colombien datant de février dernier, les précédents scrutins en Colombie ont également été marqués par des manipulations lors des dépouillements des voix... Second tour à suivre le 17 juin, donc.


TRANSIDENTITE


On se retrouve tout de suite avec Océan et Maëlle Le Corre.

Vous avez choisi le 17 mai, journée contre la transphobie et l'homophobie pour faire votre coming out sur Komitid, le média pour lequel Maëlle ici présente travaille.


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