Le Journal du mardi 16 janvier 2018 (Le Journal S1E2)

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Le Journal du mardi 16 janvier 2018 (Le Journal S1E2)

Déroulé du Journal

Prompteur

Nous sommes le 16 janvier 2018.

Le 20h s’est échappé de la télé, vous regardez le Journal du Média, bonsoir à tous.

Ce soir avec Yanis Mahdi nous irons à la rencontre des femmes de ménage en grève à l’Holliday Inn de la Porte de Clichy.

Bonsoir Yanis, c’est une grève qui dure…

Et puis, nous parlons ensemble apprentissage avec Serge Faubert.

Bonsoir Serge, qu’est-ce qui se passe ? Il paraît que le MEDEF s’en mèle…

Enfin, en dernière partie de ce journal, comme tous les mardis, vous retrouverez Noël Mamère pour son entretien.

Aujourd’hui il reçoit Pablo Cervigne chercheur, et auteur notamment de « Comment tout peut s'effondrer », paru aux éditions du Seuil.

On voit ça tout à l’heure mais tout de suite, les premières informations.


0 Avant de développer les titres, cette information qui va faire du bruit : le parquet national financier ouvre une information judiciaire pour prise illégale d’intérêt dans l’affaire Richard Ferrand.

Le chef des députés du Président est soupçonné d’avoir fait louer un bien immobilier appartenant à sa femme par l’entreprise qu’il dirigeait.

Bien sûr nous y reviendrons dans un prochain journal.


1 Visite d’Emmanuel Macron à Calais aujourd’hui. 15 mois après le démantèlement de la jungle.

L’occasion pour le président de la République d’éprouver sa souplesse à l’approche du projet de loi Asile Immigration.

Caresser les forces de l’ordre dans le sens du poil, se montrer ferme - pas question de laisser une nouvelle jungle s’installer- et « en même temps » répondre à ce qu’il prétend être le "devoir d’humanité".

A ce titre, Emmanuel Macron a annoncé que L’État prendrait en charge la distribution de repas aux migrants de Calais, un service jusqu’ici assuré par les associations, dont certaines ont boycotté la rencontre avec le chef de L’État.

Signalons que plusieurs personnalités, dont certaines proches du Président comme Jean Pisani-Ferry ou Thierry Pech, ont signé dans Le Monde une tribune très critique à l'égard de la politique migratoire du gouvernement.


2 Zéro % c’est le taux d’imposition des entreprises au Panama lorsqu’elles font des bénéfices à l’étranger.

Détail cocasse Panama devrait pourtant être retiré de la liste noire des paradis fiscaux de l’Union Européenne la semaine prochaine.

Sept autres pays sortiraient aussi de la liste, établie pourtant il y a à peine deux mois : la Corée du Sud, la Tunisie, Macao, les Émirats Arabes Unis, Grenade, Barbade et la Mongolie.

On rappelle au passage qu’aucun état membre de l’Union ne figure à ce jour dans la liste des paradis fiscaux malgré les politiques bien accommodantes de l’Irlande, du Luxembourg, de Malte, et des Pays-Bas.

3 En Grèce, la rue ne peut décidément rien contre les exigences des créanciers, et rien non plus contre les choix politiques du gouvernement.

Malgré un fort mouvement de grève et plus de 20 000 manifestants devant le Parlement, une majorité de députés a voté le dernier train de mesures d’austérité, parmi lesquelles une restriction du droit de grève.

L’enjeu était de se conformer aux injonctions des ministres des finances de la zone euro.

Zone euro qui décidera lundi de boucler (ou pas) un plan de renflouement de 86 milliards, qui devrait être le dernier avant le retour promis à la souveraineté financière de la Grèce.

C’est en tout cas ce qu’assure le Premier ministre Alexis Tsipras.

Des images que vous avez vues ont été tournées par notre correspondant à Athènes George Kouvaras.


4 Hier, lors d’une réunion extraordinaire, le conseil central de l’OLP a voté pour la suspension de la reconnaissance d’Israël.

Une tentative de réponse à la décision américaine sur Jérusalem.

La proposition de ce conseil qui regroupe toutes les factions palestiniennes doit être examinée prochainement par son échelon supérieur.

C’est en effet le Comité Exécutif de l’OLP, présidé par Mahmoud Abbas qui pourrait l’entériner.

Cela impliquerait la fin des coopérations civiles, diplomatiques et sécuritaires avec Israël.


5 Le Parlement européen demande l'interdiction de la pêche électrique dans l'Union.

Une victoire pour les collectifs de pêcheurs artisans et les ONG de défense de l’environnement, réunis en coalition par l’association Bloom.

Cette association a mené la lutte contre cette pratique.

Une campagne relayée par les élus français, notamment Younouss Omarjee (de la Gauche Unitaire Européenne) et Yannick Jadot (des Verts).

Rappelons néanmoins que ce vote n’est qu’une étape dans le long parcours législatif du texte…

Texte qui va notamment être négocié entre les différents Etats au sein du Conseil européen et de la Commission...


6 Bien sûr, c’en est fini des pubs sexistes chez l’Oréal, Coca-Cola, BNP, Citroën, Renault ou encore Peugeot.

C’est en tout l’engagement pris par 28 multinationales qui ont co-signé un programme porté par l’association Union des annonceurs.

L’objectif avancé : “lutter contre la récurrence des stéréotypes dans la publicité”.

Et, surtout, continuer à vendre.

Car le féminisme est rentable.

Tellement rentable que les professionnels de la pub ont inventé le femvertising, une tendance marketing qui prône l’émancipation des femmes.

On connaissait déjà le greenwashing, grâce auquel les entreprises polluantes faisaient semblant d’être écolo.

Là des vendeurs de voitures se souviennent que les femmes conduisent et qu’elles pourraient avoir envie d’acheter une auto.

On n’arrête décidément pas le progrès.


BUMPER LANCEMENT YANIS

Ces femmes là ne posent pas dans des publicités.

Elle luttent depuis 87 jours.

Yanis, tu es allé avec Nicolas Jean et Maxime Maujean à la rencontre du personnel de ménage en grève à l’Holliday Inn de la porte de Clichy.

Des hommes et des femmes, mais surtout des femmes, on le disait, bloquent l’entrée de l’hôtel pour dénoncer leurs conditions de travail, et ce depuis le 19 octobre…

Yanis : Oui, ça fait 87 JOURS sans travail DONC sans salaire, pour ces gouvernantes, plongeurs et agents de service…

AUDE : Pourquoi cette grève ?

Tout commence quand la société de nettoyage HEMERA décide de muter 2 gouvernantes dans un autre hôtel beaucoup trop éloigné pour ces femmes.

Aujourd’hui en plus de leur non mutation…

Image d’illustration…

Les grévistes demandent : - La fin des cadences infernales, le paiement de leurs heures supplémentaires ou encore le droit à un panier repas.

Ce qui peut nous sembler à tous acquis ne l’est pas pour eux.

On écoute BLANDINE LOWANDJOLA et SHARY PROVANCE, qui sont les 2 gouvernantes que Hémera souhaite muter.

SONORE BLANDINE ET SHARY 47 sec : « Là-bas j’aurais été traitée comme une esclave 9h-23h (…) c’est du mépris. »

AUDE : En fait ces femmes de ménages ne sont pas employées directement par les hôtels mais par des sous-traitants, en l’occurrence l’entreprise Hemera ?

Yanis : C’est ça, LA SOUS-TRAITANCE est un vrai problème pour les employés.

AUDE : Pourquoi ?

Yanis : Ils sont rémunérés A LA TACHE ET NON PLUS A L’HEURE

Ce qui les amène à faire jusqu’à 3 chambres par heure

Soit 3 fois plus en moyenne que dans les autres hôtels 4 étoiles classiques ou les femmes de ménage sont engagées directement par l’hôtel.

Des cadences infernales dont ne veut plus Shary. Ecoutez.

SONORE SHARY 33 SEC « Sous-traitance et internalisation »

AUDE : Et alors que dit la direction d’Hemera et de l’hôtel ?

Yanis : Alors on a tenté d’interroger Hemera qui n’as jamais répondu à nos sollicitations

Quant à l’hôtel, sa directrice nous à envoyé un mail nous disant :

Insert mail.

« Notre hôtel est l’otage d’un conflit dont nous NE SOMMES EN RIEN RESPONSABLES. Nous subissons cette situation qui nuit à la réputation et à l’activité de notre établissement. »

Aujourd’hui donc ni l’Holliday Inn ni Hemera ne sont prêts à entendre les revendications des grévistes.

Ce qui fait naitre chez certains un sentiment de colère…

IMAGES D’ILLUSTRE + SONORE 19 SEC.

Il est donc difficile pour le moment d’imaginer une sortie de conflit…

Pour les grévistes, au delà des revendications de travail, c’est aussi une question de DIGNITÉ

On écoute le message poignant d’Eric Lamotte, équipier d’hébergement à l’hôtel et gréviste.

SONORE ERIC LAMOTTE 26 sec : « On veut être considéré »

Relance Serge : Pour les soutenir on fait comment ?

Yanis : Pour les soutenir , il y a une caisse de grève qui se tient devant l’hôtel mais vous pouvez également via internet envoyer de l’argent -l’adresse s’affiche actuellement à l’écran-

Insert adresse internet

Cet argent est bien évidemment redistribué aux grévistes pour compenser la perte de leur salaire.


Merci Yanis On continue sur le terrain des luttes sociales

7 Deux nouvelles agressions de surveillants ce matin dans les prisons de Mont-de-Marsan et Tarascon…

Ce sont à nouveau des détenus islamistes qui seraient à l’origine des incidents.

Incidents qui sont venus tendre un peu plus ce deuxième jour de mobilisation des gardiens de prison alors même que la Ministre de la Justice, Nicole Belloubet rendait visite au personnel du centre pénitentiaire de Vendin- le-Vieil, …

Malgré l’annonce d’un grand plan pénitentiaire par Emmanuel Macron, les syndicats dénoncent le manque de moyens humains et matériels.


8 Et puis, sur les lieux de travail il y a les violences physiques, et la souffrance psychique.

L’assurance maladie révèle aujourd’hui que 10 000 affections psychiques ont été reconnues comme accident du travail en 2016.

Troubles du sommeil, dépression… ces maladies sont en nette augmentation depuis les derniers chiffres, elles et représentent une dépense annuelle de 230 millions d’euros pour l’Etat.

LANCEMENT SUJET SERGE L’Etat qui n’en finit plus de se désengager…

Serge Faubert, on parle d’apprentissage. On privatise là aussi, c’est ça ?

Je vais vous raconter comment le gouvernement s’apprête à privatiser, très discrètement, une partie de notre système de formation.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud prépare un projet de loi sur l’apprentissage.

Projet dont la rédaction sera terminée à la fin de ce mois.

Il sera présenté à l’Assemblée en mars.

Le gouvernement mise sur une adoption avant l’été.

Aujourd’hui, l’apprentissage ce sont les régions qui s’en occupent.

Et c’est bien normal, puisqu’elles ont pour principale compétence le développement économique.

Ce sont elles qui ouvrent les Centres de formation d’apprentis.

Elles prennent en compte les envies des jeunes, les besoins des territoires et les besoins des entreprises.

Bref, les régions se soucient de l’intérêt général.

Muriel Pénicaud veut casser cette organisation.

Elle veut transférer l’apprentissage aux branches professionnelles.

C’est une vieille revendication du Medef.

Et Muriel Pénicaud veut transférer l’argent qui va avec : 1,6 milliard d’euros. Pas une petite somme !

- Une branche professionnelle, c’est quoi ?

C’est une structure patronale

Elle rassemble les entreprises d’un même secteur d’activité.

Il y en a 700.

Alors, pourquoi est-ce une mauvaise idée, ce transfert ?…

On a posé la question à Régions de France, l’association qui regroupe les 16 présidents de région.

Des présidents qui sont pour moitié à droite et pour moitié issus de l’ancienne majorité présidentielle.

C’est David Margueritte, le président de la commission apprentissage de Régions de France qui nous a répondu.

Précision importante pour apprécier son propos, Il est vice-président Les Républicains de la région Normandie.


- On écoute David Margueritte

Sonore 1

- Relance Aude :

En gros, si la réforme passe, un jeune ne pourra plus se former au métier de son choix

- Serge :

Oui, les grosses branches vont confisquer l’essentiel des formations.

On privatise l’apprentissage au profit des plus gros secteurs d’activité.

Résultat, on se retrouvera dans des situations absurdes.

Pour faire une formation de patissier à Vaison-la-Romaine, il faudra avoir l’aval de l’Union des industries minières et métallurgiques

Pour devenir réparateur de matériel agricole, il faudra l’aval du secteur du bâtiment.


- Relance Yanis :

Le projet de loi sera présenté en mars. Peut-on faire bouger les choses d’ici-là.

-Serge :

Pas vraiment.

En novembre dernier Muriel Pénicaud a lancé une concertation qui rassemblait les partenaires sociaux, l’Etat, les chambres de métier et les chambres de commerce.

Un fiasco ! Au point que les régions ont quitté la table.

Ecoutons ce que nous en dit David Margueritte

Sonore 2 ( 23’)


- Retour plateau Aude

Donc, Serge, tout est déjà écrit ?


- Serge :

Oui, même si le gouvernement essaie de sauver les apparences.

Rassembler contre lui tous les présidents de régions, ce n’est pas très vendeur politiquement.

Dans les couloirs du ministère du Travail, on négocie discrètement.

Le Medef serait prêt faire quelques maigres concessions aux régions.

Du coup, hier, elles ont annoncé qu’elles revenaient dans la concertation.

On leur promet deux choses :

Elles auraient leur mot à dire sur l’ouverture des CFA.

Quand à l’argent, le fameux 1,6 milliard, il serait utilisé « en fonction de la spécificité des territoires ».

Ce qui ne veut pas dire grand chose…

Mais, sur le fond, le projet de loi ne bouge pas.

Ce sont bien les branches professionnelles qui piloteront l’apprentissage et plus les régions.

Pierre Gattaz l’a encore réaffirmé ce matin, pour lui « il ne peut y avoir qu’un seul pilote dans l’avion ».

Et ce pilote, c’est bien sûr le patronat…

AUDE : Pas chez nous ! Merci Serge


A l’étranger en bref

9 La Birmanie et le Bangladesh s'accordent sur le dos des Rohingyas.

Dans un accord négocié discrètement et signé hier, le régime birman « accepte » le rapatriement de 1500 réfugiés par semaine pendant les deux prochaines années.

Le problème est évidemment que la plupart des réfugiés n'ont aucune garantie pour leur sécurité, et qu'un tel rapatriement forcé est contraire à toutes les conventions internationales.

Rappelons que 740 000 d'entre eux (un chiffre énorme) ont fui les tueries perpétrées par l'armée birmane en quelques mois.


10 La Roumanie minée par la corruption de sa classe politique, est manifestement ingouvernable...

Hier Mihai Tudose est le deuxième Premier ministre à être débarqué en sept mois par le puissant président du Parlement, Liviou Dragnéa, le chef des sociaux-démocrates.

En cause : la ministre de l'Intérieur du gouvernement sortant, une proche de Dragnea dont Tudose avait demandé la démission après un cas de pédophilie qui a éclaboussé la police.


Dernière partie de ce journal, l’interview

BUMPER

Comme tous les mardi nous retrouvons Noël Mamère.

Chaque semaine il recevra des philosophes, des experts, des militants, ou des auteurs dont la parole est rare.

Avec un objectif nous aider à comprendre la complexité du monde.

INTERVIEW NOEL

C’est la fin du Journal, votre journal.

Merci aux socios qui nous permettent d’exister et de proposer ce 20h en libre accès.

A demain.

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