Le Journal du mardi 22 mai 2018 (Le Journal S1E82)

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Le Journal du mardi 22 mai 2018 (Le Journal S1E82)


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BUMPER DEBUT


Nous sommes le mardi 22 mai,

vous regardez le journal du Media,

Bonsoir à toutes et à tous.

Serge nous rejoindra pour nous parler de cette fameuse note de Bercy qui préconise de réduire des prestations sociales, et Théophile viendra analyser les résultats de l'élection au Venezuela.

Mais tout de suite, nous allons parler des premiers résultats pour les lycéens de la nouvelle plateforme Parcoursup, avec mes deux invités, Guillaume Outtara, et Tiphaine Arlot.


BUMPER ENTRETIEN


/PARCOURSUP/

Aujourd'hui les élèves de Terminale ont reçu, ou pas, les premiers résultats de leurs vœux effectués sur la plateforme Parcoursup, qui remplace fraîchement APB, Admission Post-Bac.

Près de 810 000 lycéens et étudiants en réorientation ont formulé 6 millions de vœux, ce qui représente en moyenne 7,7 vœux par candidat.

Ce 22 mai, certains ont commencé à avoir des réponses, mais il faudra attendre jusqu'au 5 septembre pour que TOUS les bacheliers soient affectés dans une filière.

Avec moi pour en parler, Guillaume Ouattara, Bonjour, vous êtes étudiant en quatrième année à l'université technologique de Compiègne et vous tenez le blog « ingénu-ingénieur » hébergé sur le site du Monde.

Et Tiphaine Arlot, vous êtes lycéenne en classe de Terminale professionnelle au lycée Aubrac à Pantin, et membre du syndicat la FIDL, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne.


- Alors pour commencer, quelques chiffres, Frédéric Vidal, la ministre de l'enseignement supérieur a annoncé que sur les 810 967 inscrits sur Parcousup', la moitié, donc 400 000 lycéens sont sans affectation ce soir, contre 110 l'an passé avec APB. Guillaume Ouattara, vous avez prédit ce chiffre sur votre blog en analysant l'agorithme de Parcoursup', est-ce que vous pouvez nous expliquer ?


Plateforme qui a planté – Application mobile qui ne fonctionne pas – peu d'informations (Tiphaine) détails du code source – comment fonctionne l'algorithme (Guillaume)


/GREVE FONCTION PUBLIQUE/

Ce 22 mai, pour la troisième fois depuis l'élection d'Emmanuel Macron, la fonction publique était en grève. Les enseignants, hospitaliers, agents territoriaux, manifestaient contre la suppression de 120 000 postes et la remise en cause de leur statut.


Et c'est inédit depuis 2010, TOUS les syndicats ont appelé à la grève. Philippe Martinez (CGT), Pascal Pavageau pour (FO),

Laurent Berger (CFDT), Luc Bérille (UNSA) et Philippe Louis (CFTC) ont défilé ensemble à Paris.

Philippe Martinez a déclaré que l'unité syndicale était « une très bonne chose. » Quant à Pascal Pavageau il a dit que « si le gouvernement n'entend pas, ça pourrait prendre une dimension interprofessionnelle. »


Au total, plus de 140 manifestations ont eu lieu partout en France. A Paris, où le cortège est partie de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation, mais aussi à Marseille, Nîmes ou encore dans le petit village de Bourbon l'Archambault, dans région Auvergne Rhône-Alpes, comme vous pouvez le voir sur ces images envoyées par nos socios.


Sur les banderoles ont pouvait lire« Licencions les actionnaires, embauchons des fonctionnaires » ou encore le slogan « Même Macron même combat », devenue un leitmotiv de ces nombreuses manifestations qui durent depuis près de deux mois.


A Paris, il y avait 49 000 personnes selon les organisateurs et 15 000 selon la préfecture. On attend encore les chiffres sur l'ensemble de la France.


/SUICIDE CHEMINOT/

Nous avons une pensée émue pour Julien Pieraut, cheminot à Paris Est, qui s'est donné la mort ce matin sur son lieu de travail, au Technicentre Est Européen, un établissement de la SNCF situé à Pantin.

Il était adhérent Sud-Rail, dans un communiqué, ses camarades, ont exprimé je les cite leur « peine » et leur « colère ».

Julien Pieraut avait 26 ans.


L'an dernier, de nombreux suicides ont eu lieu au sein de la SNCF. Parmi eux, Edouard Postal, qui s'est suicidé à la Gare Saint Lazare en mars 2017, il était délégué syndical Sud Rail et en conflit avec la direction. Il avait 42 ans.


Les quatre syndicats représentatifs avaient tiré la sonnette d'alarme, pointant du doigt un « nombre exceptionnel de drames », et mettant en garde la direction sur les risques psychosociaux à la SNCF.

De son côté l'entreprise public refuse de communiquer le nombre exact de suicides et de mettre systématiquement en place des enquêtes CHSCT, comme l'avait déploré à l'époque Sud Rail.

« Quand quelqu'un se jette sous un train, c'est un appel au secours », avait alors dit Bruno Poncet, membre du bureau fédéral du syndicat.


/ZAD BLESSE/

Par ailleurs, un homme a été grièvement blessé cet après-midi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Selon les premiers éléments de l'enquête, des heurts ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont répliqué par des jets de grenade instantanée de type F4. L'homme âgé de 30 ans a eu la main arrachée par le souffle de la grenade lacrymogène. Il a été conduit à l'hôpital de Nantes.


/REDUCTION DES AIDES SOCIALES/

Serge dimanche, tu as écouté Bruno Lemaire qui a parlé d'une

potentielle diminution des aides sociales d'ici 2019...


SERGE :


Merci Serge.


/VENEZUELA/

Internationale maintenant. Théophile nous rejoint pour nous parler des résultats de l'élection présidentielle au Vénézuela qui s'est tenue dimanche.

Le président sortant Nicolas Maduro l'a emporté avec près de 68% des suffrages exprimés, loin devant Henri Falcon, une figure de l'opposition qui n'était pas favorable au boycott et a obtenu 21% des suffrages.

Il faut noter tout de même une abstention de 53% des voix, et qu'une partie de l'opposition de droite avait activement appelé au boycott du scrutin.

Le troisième candidat Javier Bertucci de la formation « Espoir pour le changement » n'a obtenu quant à lui que 10% des voix.

En en parlant ce matin en conférence de rédaction, Théophile tu as proposé ta lecture du scrutin..


Comme nous l’avons tous constaté, cette réélection de Nicolas Maduro crée une polémique à l’international. Les Etats-Unis naturellement ne la reconnaissent pas, comme ils l’ont annoncé à l’avance (ce qui a irrité l’ancien Premier ministre espagnol Louis Rodriguez Zapatero, qui a dit, et je le cite : « D’un point de vue démocratique, désapprouver des élections avant qu’elles n’aient lieu est une absurdité ». L’administration Trump promet d’ores et déjà de nouvelles sanctions économiques contre le Venezuela. Le groupe de Lima, c’est-à-dire un ensemble informel de pays plutôt pro-Etats-Unis, comprenant à la fois le Canada, le Mexique, l’Argentine, le Brésil et la Colombie, ont décidé d’abaisser le niveau de leurs relations diplomatiques avec Caracas pour protester contre un scrutin qui serait « non conforme aux normes internationales ». On peut penser que l’Union européenne aura le même verdict, qu’elle suivra la position que Madrid dessine déjà et qu’elle ne lèvera pas les sanctions qu’elle a adoptées contre le Venezuela.

D’un autre côté, la Bolivie, le Salvador, la Chine, la Russie ou l’Iran ont déjà adressé leurs félicitations à Maduro.

Une lecture simpliste de ces réactions internationales est possible, et on peut en avoir un aperçu dans un grand quotidien du soir qui évoque « un consensus dans le monde démocratique pour condamner la pratique du pouvoir du président chaviste ». Le problème est qu’on retombe dans la grille manichéenne, voire ethnocentrée, qui brouille souvent nos analyses sur l’actualité internationale. Cette lecture ne nous convainc pas.

Il faut préciser qu’au Média nous ne sommes pas pro-Maduro, et nous n’avons pas vocation à devenir ses avocats. Je n’ai personnellement pas la prétention d’être un expert du Venezuela, mais il me semble important de situer cette actualité vénézuélienne dans un espace et une temporalité plus larges.

- On peut y voir plusieurs choses. Par exemple, une instrumentalisation de la revendication démocratique par les pays occidentaux, qui peut aller jusqu’à nourrir dans les pays du Sud une sorte de cynisme désabusé vis-à-vis des processus démocratiques et de ceux qui les portent localement.

- On peut y voir ces mécanismes vicieux d’interventions extérieures qui contribuent à radicaliser les oppositions, mais aussi des dirigeants qui ne jouent plus seulement leur carrière politique, mais leur survie tout court.

- On peut y voir, aussi, une illustration de plus de l’impasse dans laquelle la chute des cours du pétrole plonge de nombreux pays. Le Venezuela est dans une situation économique très difficile, mais c’est aussi le cas, dans des proportions diverses, d’autres pays pétroliers comme le Nigeria, le Congo-Brazzaville, voire l’Algérie et l’Afrique du Sud. C’est la fameuse malédiction de l’or noir, dont les gouvernements de tous ces pays devraient sortir, mais peinent à sortir. Le dire n’est pas excuser Maduro, mais mettre de la nuance dans les discours. Tout comme on peut affirmer que les sanctions économiques américaines et européennes, y sont pour beaucoup dans le marasme actuel à Caracas. Le « monde démocratique » plaint le peuple vénézuélien qui tire le diable par la queue, mais participe à l’asphyxier, de manière assez cynique, et il faut en avoir conscience.

- Au Venezuela, les Etats-Unis et leurs alliés jouent très clairement la stratégie du changement de régime. Dans une telle perspective, le changement est censé advenir de manière violente, dans la rue et peut-être dans le fracas des armes. Cette stratégie, qui porte un nom – la politique du pire – peut fonctionner, même elle ne rapporte pas toujours. A Cuba, par exemple, elle a été expérimentée durant des décennies avec le résultat que l’on sait : blocage politique, stagnation économique, souffrances absurdes. Dans tous les cas, cette stratégie du pire braque les dirigeants qui sont ciblés par ce choix du « tout ou rien », et qui jouent, au-delà de la survie de leurs régimes, quelque chose de plus tragique. Ils savent que s’ils tombent dans ces conditions, ils sont susceptibles d’être tués, torturés ou embastillés. Forcément, fatalement, ils se radicalisent.

� Ils se radicalisent, et peuvent trouver dans leur pays les ressources politiques pour résister, en dépit de tout. Au Venezuela en particulier, le chavisme a une base populaire et idéologique forte. Si Maduro continue de tenir, c’est aussi parce qu’il a un grand nombre d’électeurs que la forte hostilité internationale soude derrière lui. Comme tous les peuples, les Vénézueliens ont une conscience historique, donc forcément, une conscience de l’hostilité américaine à un projet chaviste que beaucoup d’entre eux ont soutenu ou continuent de soutenir. Ils ont, comme tous les peuples soumis à des pressions à la fois internes et externes, une fierté nationale. Certes, ils vivent une situation économique très difficile. Mais ils peuvent l’attribuer aux carences de leur gouvernement, à l’hostilité des Etats-Unis ou aux deux. Bref, ils ne sont pas que des estomacs prêts à dévaler dans la rue pour soutenir de manière unanime quiconque leur promettrait le pain dont ils peuvent manquer aujourd’hui.

- Au-delà du Venezuela, il faut se représenter la perception que l’on peut avoir, dans les pays du Sud, de l’instrumentalisation géopolitique du concept démocratique par le fameux « monde démocratique ». Elle peut se résumer par l’expression « deux poids deux mesures ». Que pensent les opposants afghans, égyptiens ou togolais, par exemple, de ces cris d’orfraie du « monde démocratique » qui se satisfait, dans certains cas depuis des décennies, des parodies électorales que leur impose des pouvoirs qui ont eu la bonne idée de faire les bonnes alliances au sein du fameux « monde démocratique » ? Les pays européens, qui accompagnent la stratégie américaine de sanctions contre le Venezuela, mais s’irritent de la décision de Donald Trump de réactiver les sanctions contre l’Iran, pensent-ils vraiment que l’Iran est plus démocratique que le Venezuela… Il y a autre chose qui se joue, et qui se situe, il faut le marteler, AU-DELA DU BIEN ET DU MAL.


Merci Théo, Léonard Vincent reviendra plus longuement sur cette élection avec le chercheur Christophe Ventura.


/JAPON/ Il y a des pays où le mouvement #metoo ne prend pas, et où la parole des femmes a du mal à se libérer, c’est le cas du Japon.

Mais aujourd'hui les choses sont en train de changer, grâce aux résultats d’un sondage sur le harcèlement sexuel dans les médias :

150 journalistes femmes ont révélé avoir été victimes de harcèlement de la part d’officiels : des policiers, des députés et même des ministres qui ont eu des comportements inappropriés avec elles.

Le vice-ministre des finances, Junichi Fukuda, aurait harcelé une reporter télé comme le révèle un hebdomadaire japonais. Il a récemment démissionné tout en niant les faits. Certaines chaînes de télé japonaises annoncent que près de 20% de leur journalistes femmes ont déjà été harcelées sur le terrain, certaines racontant même que lorsqu’elles ont voulu porter plainte on leur a répondu à la police que ces harcèlements « faisaient partie de leur métier ». Le positif c’est que ce sondage et ces résultats accablants font réagir la société japonaise, un pays dans lequel les femmes osent encore peu s’exprimer de peur de nuire à leur carrière.


/HAWAI VOLCAN/

Sur la grande île de Hawaii, le volcan Kilauea est entré en éruption le 3 mai dernier. Considéré comme un des volcans les plus actifs du monde, cela fait maintenant 3 semaines que le sud-est de l’île est touché par des explosions de lave en fusion. Plus de deux mille personnes ont été évacué et près de 40 bâtiments ont été détruits. Si les zones résidentielles ont été évacuées et que les habitants semblent à l’abri des éventuelles explosions qui surviendraient, une autre menace se révèle.

Selon l’Agence Américaine de Géologie et de Sismologie, des coulées de lave ont atteint l’océan pacifique au sud-est de Puna. La rencontre de la lave en fusion et de l’océan génère des gaz toxiques. Une fumée corrosive et extrêmement nocive composée d’acide chlorhydrique, de vapeur et de microparticules de verre.

Pour les habitants, la course au masque à gaz a débuté même si les autorités locales préviennent qu’ « aucun des masques vendus dans le commerce ne protègeront des gaz toxiques émis par l’éruption ».

Pour les scientifiques, cet épisode éruptif pourrait annoncer une éruption majeure du Kilauea, la dernière remontant aux années 2000… Un risque sans danger imminent, les populations ayant déjà été évacuées et la zone concernée restant très peu peuplée.


/ABEILLES/

Retour en France, dans la région Midi-Pyrénées plus exactement où l'apiculteur toulousain Olivier Fernandez, a envoyé une candidature spontanée pour devenir ministre de l'agriculture.

Le président du syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées a fait savoir que je le cite « Les abeilles ne sont ni de gauche ni droite, d'ailleurs elles ont des ailes de chaque côté ».

Il a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Edouard Philippe, où il fustige l'actuel ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, d'être « mal à l'aise » au sujet de la protection des abeilles.

En cause, les pesticides, qui tuent la faune et la flore, et plus particulièrement les abeilles. « Des dizaines de milliers de ruches meurent dans un silence total et pourtant il suffirait de courage politique pour sauver nos abeilles et notre santé ! », écrit Olivier Fernandez, à gauche sur la photo.

Espérons que cette opération de communication bourdonnera jusqu'aux oreilles du gouvernement.


C'est la fin de ce journal, merci de l'avoir suivi. Je vous rappelle qu'il existe grâce aux socios, des citoyens qui contribuent chaque mois à notre existence, et permettent à tous de nous regarder.

Demain à cette place vous retrouverez Léonard Vincent.

Bonne soirée à toutes et à tous


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