Le Journal du vendredi 1 juin 2018 (Le Journal S1E90)

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Le Journal du vendredi 1 juin 2018 (Le Journal S1E90)


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Prompteur

Salut à toutes et à tous. Et bienvenue dans le journal du Média.

Ce soir, Dolores Bakela est en plateau avec une invitée: Elisa Rojas. Elles vont nous parler d’un rapport sur le handicap, intitulé “Plus simple la vie”. Théophile viendra ensuite nous expliquer les enjeux autour des taxes américaines sur l’acier et l’aluminium. Et en fin de journal, restez avec nous. Parce qu’on est vendredi, vous retrouverez votre rendez vous hebdomadaire avec Julie Maury, la météo des luttes. Suivi de Leonard qui nous rejoindra pour nous parler de l’actualité en Italie et en Espagne.

Bon journal !

BUMPER


Asile et Immigration

Demain, samedi 2 juin, à Paris se déroule une manifestation contre la loi asile et immigration. Adoptée en première lecture à l’assemblée nationale, cette loi est examinée au Sénat le 6 juin.

Pour rappel, ce texte porté par le ministre de l’intérieur vise à réduire le délai de traitement des demandes d’asile, et à faciliter les reconduites à la frontière.

Médicaments anti-Alzeimer

Quatre médicaments anti-Alzeimers et leurs génériques ne seront plus remboursés à partir du 1er août. Ils étaient jusque là remboursés à hauteur de 15% par l’assurance maladie. Apparue ce matin au journal officiel, c’est une décision du ministère de la santé. La ministre, Agnès Buzyn assume. Elle a déclaré sur Europe 1 que c’était, je cite, une décision purement médicale, car ces médicaments seraient plus nocifs pour les patients, que bénéfiques. Selon la ministre il s’agirait d’une décision faite pour des raisons scientifiques et non financières, qui suit deux avis de la Haute autorité de santé, qu’elle a dans le passé présidé. Un avis que ne partagent pas l’association France Alzeimer et plusieurs organisations professionnelles de neurologues et de gériatres.

Je rappelle que la maladie d’Alzeimer se traduit par une dégénérescence du cerveau et des pertes de mémoire. Les autorités publiques estiment que cette maladie concernerait entre 850 000 et 1,2 millions de personnes en France.

BUMPER ENTRETIEN

RAPPORT GOUV ITW ELISA ROJAS


Ce soir, on accueille Elisa Rojas pour parler du plan #PlusSimpleLaVie. Bonjour Elisa Rojas. Dolores, à toi la parole.


DOLORES


Oui Rémy. En France, il y a 12 millions de personnes handicapé.e.s soit près de 20% de la population.Et pourtant, on parle peu de la lutte que c'est parfois pour faire des gestes simples de la vie quotidienne, comme d'avoir les moyens de manger, de se déplacer, bref d'avoir les mêmes droits élémentaires que tout le monde.


De nombreuses initiatives ont été mises en place ces derniers temps pour mettre l'accent sur l 'amélioration des conditions de vie des personnes handicapées en France. Comme le rappelait mon collègue Théo dans son journal de mercredi, un rapport de 293 pages, rédigé par Adrien Taquet, député des Hauts-de-Seine LREM et Jean-François Serres, membre du CESE se propose d'améliorer la vie des personnes handicapées en France a été remis au premier ministre.

Le nom de ce rapport, qui contient 113 propositions, basé sur une consultation en ligne de 10 000 Françaises et Français, c'est #PlusSimpleLaVie.


Ce soir, on accueille Elisa Rojas pour en parler


Bonjour Elisa Rojas, vous êtes membre du CLHEE, le collectif Lutte et Handicaps pour l'Egalité et l'Emancipation, qui a été créé en avril 2016.


Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer ce qui a déclenché le besoin de créer ce collectif ?


Je voudrai revenir rapidement sur le nom du rapport. Plus simple la vie : on sent beaucoup d'optimisme, une référence aussi à la série Plus Belle La Vie,qui essaie de refléter celle de toutes citoyennes et tous les citoyens – on y parle volontiers de la jeunesse, d'homosexualité, de transexualité etc. Vous en pensez quoi, vous de ce nom ?


Vous avez vu passer ce rapport, qui est touffu, 293 pages, donc .Sur Twitter vous avez notamment commenté ?


INSERT TWEETS ELISA ROJAS


Vous militez notamment pour la désinstitutionnalisation. Or le rapport semble conforter l'idée que c'est une bonne chose que les personnes handicapées aillent dans des établissements, contre les préconisations de l'ONU ? Pourquoi ?



De nombreuses annonces ont été faites, des initiatives ont été prises ces derniers mois pour mieux prendre conscience qu'il y a aussi en France des personnes invalides. Il y a eu le duo day, une intiative gouvernementale qui propose C'est également le mois parisien du handicap, sur votre compte Twitter, vous vous en êtes gentiment moqué.


INSERT TWEET MOIS PARISIEN DU HANDICAP


Pourquoi ces initiatives ne vont pas dans le bon sens selon vous ? C'est pas assez, c'est caricatural ?


Aujourd'hui, la Mairie de Paris a annoncé que les transports en commun seraient gratuits notamment pour les personnes en situation de handicap. Or on sait qu'hormis en prenant le bus, les transports en commun parisiens sont difficilement accessibles. Cette mesure est-elle uniquement cosmétique ? Y a-t-il des discussions pour améliorer drastiquement l'accès au métro ?


Sophie Cluzel, qui est la secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées a donné une interview à Telerama, en disant que le handicap devait être glamour. INSERT TWEET itw cluzel

Entre ce rapport,et ce nom, cette image « swag, glam » que doit véhiculer le handicap

selon la secrétaire d'état, la volonté répétée du gouvernement de faire de lapolitique inclusive,donc qui concerne tout le monde


Si la majorité gouvernementale semble toute dévouée à cette cause, même si on vient de voir que c'est beaucoup de comm et assez peu defond concret, qu'en-est-il des autres partis ?



RKP

Merci Dolores, Merci Elisa Rojas. On accueille maintenant Théophile, qui vient nous parler d’une actualité internationale.


BUMPER CHRONIQUE


Acier et aluminium


RKP : Théophile, c’est aujourd’hui que les surtaxes américaines sur un certain nombre d’importations entrent en vigueur… Et elles touchent l’Europe en plein cœur… Théophile, tu es là pour nous en parler?


Théophile : Oui, Rémy, c’est la fin des illusions pour les pays dits alliés des Etats-Unis. Ils ne seront pas épargnés par la « guerre commerciale » engagée par Donald Trump, qui veut réduire à toute force le déficit commercial de son pays. Un déficit commercial qui était, en 2017, à son plus haut niveau depuis 2008. Dès mars 2018, le président des Etats-Unis avait annoncé des surtaxes sur les importations d’acier (25%) et d’aluminium (10%). Mais il avait choisi d’épargner, le temps de quelques mois de négociation, le Canada, le Mexique et l’Union européenne. Cette période est finie aujourd’hui, sans le moindre accord. Et désormais, les surtaxes s’appliquent à tous.


Rémi : Qui sont les plus grands perdants, dans cette affaire ?


Théophile : Les Etats-Unis sont le plus gros importateur mondial d’acier. Et ses premiers fournisseurs étaient, en 2016, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Corée du Sud et la Russie. Son premier fournisseur européen c’était l’Allemagne, avec 3% de parts de marché, ce qui équivaut à 1 milliard d’euros. La France vend pour environ 250 millions d’euros d’acier aux Etats-Unis, ce qui n’est pas énorme, mais n’est pas négligeable. Mais il faut savoir que les trois quarts de la production des usines d’Arcelor Mittal produisent pour le marché de l’Union européenne.

Bref. Si les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Europe tournent globalement à l’avantage de l’Europe, les choses diffèrent selon les pays. Et c’est aussi pour cette raison que des positions communes sont difficiles à trouver. La France et les Etats-Unis, deux pays qui souffrent chacun d’un déficit commercial chronique, ont une relation plutôt équilibrée : les importations et les exportations se compensent de manière presque parfaite. Pour l’Allemagne, c’est autre chose : comme la Chine, elle vend plus qu’elle n’achète, de manière générale, et en particulier dans ses relations avec les Etats-Unis. Depuis quelques années, le pays de l’oncle Sam est devenu le premier partenaire commercial de l’Allemagne, devant la France. Berlin a d’autant plus à perdre que Donald Trump aurait confié à Emmanuel Macron qu’il s’attaquerait aussi aux importations de voitures de luxe allemandes. Le chef de la diplomatie Heiko Maas, en appelle à la solidarité. « Notre réponse à l’Amérique d’abord sera l’Europe unie », a-t-il dit par exemple. On pourrait lui rétorquer : « Vaste programme ! »


Rémi : Quelle riposte pour l’Europe ?


Théophile : Pour faire bonne mesure, la Commission européenne a sorti sa liste de produits européens surtaxés en guise de rétorsion, ce qui rappelle le petit jeu des listes qui a eu lieu il y a quelques mois entre Washington et Pékin. Mais il s’agit de produits fabriqués aux Etats-Unis et non simplement de produits fabriqués par des marques américaines qui comme on le sait délocalisent beaucoup. Quelques exemples : les Harley Davidson, les jeans Levi’s, mais aussi les haricots, le maïs et le riz, le jus d’orange, les cigarettes et tabacs, le rouge à lèvres, le fond de teint, et divers types de bateaux.

Mais le plus dur reste à faire pour l’Europe : comment présenter un front uni dans les négociations à venir quand les intérêts nationaux sont si divers ? Mais aussi : comment continuer à réciter le catéchisme du libre-échange quand plus personne n’y croit ni ne le pratique, y compris les maîtres du « monde libre », entre guillemets bien sûr. Pour finir, je veux te faire remarquer que si l’Union européenne a annoncé une plainte à l’OMC contre les Etats-Unis, elle a annoncé en même temps une autre plainte contre la Chine, que Donald Trump a dans son viseur, pour « transfert injuste de technologies ». Les mauvaises langues diront que ça ressemble à l’attitude de quelqu’un qui veut s’excuser par avance de son outrecuidance.



Merci Théophile. C’est au tour de Julie de nous rejoindre pour l’habituelle Météo sociale.


BUMPER METEO SOCIALE


Météo sociale


Comment vas tu Julie? On t’écoute.


Julie


Hier grâce à l’agence Reuters, je suis tombée sur une nouvelle joyeuse : au Mexique, rien ne semble arrêter la marche vers le pouvoir du candidat Lopez Obrador le 1er juillet prochain. À un mois de l’élection présidentielle, il a encore gagné 6 points dans les sondages. Loin derrière lui, le candidat de la social démocratie et de la droite catholique, et encore plus loin, le candidat du PRI, le parti qui a gouverné le pays pendant 70 ans. Bien sûr vous me direz que ce n’est pas ce qu’on lit dans la presse du monde entier : le NY Times dit « qu’AMLO représentez une menace pour l’industrie du pétrole », le Wall Street journal dit « qu’il est un populiste démagogue qui utilise la rue pour accéder au pouvoir », c’est ce qu’a rappelé Leonard dans le JT du 1er mai.

Alors bien sûr, il y a le pb de la fraude, qui a déjà permis à ses adversaires de voler l’élection de AMLO en 2006 et en 2012, mais cette fois, ce candidat de gauche, qui s’est attiré les bonnes grâces d’une partie du secteur privé du temps où il était maire de Mexico City, a de grandes chances de devenir le prochain président d’un géant de l’Amérique Latine, frontalier de l’Amérique de Donald Trump.

//RELANCE RKP : Alors si tu nous parles de ça c’est parce que tu as décidé de faire une météo sociale un peu spéciale cette semaine…


//JULIE : Toutafé on va faire un tour du monde des élections en cours et à venir, et l’actualité est plutôt chargée.


//RKP : On reste en Amérique Latine et on va en Colombie, où le premier tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 27 mai.

Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, un candidat de gauche se qualifie pour le second tour.

Là aussi une vague dégagiste pourrait s’exprimer par les urnes. Gustavo Petro incarne l’espoir d’un renouveau pour le pays dirigé par la droite depuis toujours, corrompu et déchiré par la guerre. Pour vous donner un chiffre parlant : 5 millions de colombiens ont été naturalisés vénézueliens par Hugo Chavez, après avoir fui leur pays. Donc, le véritable enjeu de cette élection, c’est la paix, portée par Gustavo Petro et toute une jeunesse colombienne CONTRE le candidat de la droite dure Ivàn Duque, qui est le poulain, il est bon de le rappeler, de l’ancien président Alvaro Uribe. Ivàn Duque qui remet en question l’accord de paix avec les FARC qui a mis fin à 53 ans d’un conflit sanglant. Le deuxième tour aura lieu le 17 juin prochain et sera donc décisif.

/RKP : on observe en tout cas dans ces deux pays un ras-le-bol de la population face aux politiques d’austérité, à la corruption et à la violence. On va au Brésil, maintenant !

//JULIE : Oui avec une nouvelle tombée hier : Pour la première fois depuis l’incarcération de Lula il y a 54 jours, la présidente élue Dilma Roussef a pu visiter ce dernier dans sa prison de Curitiba. La pression populaire pour la libération de Lula est de plus en plus forte : Des manifestations convoquées sur les réseaux sociaux avec le hashtag #MaisCandidatoqueNunca (traduction : plus candidat que jamais), ont eu lieu dimanche 27 mai dans 70 villes, comme Rio, Sao Paulo ou comme vous le voyez sur ces images, Sao Bernardo do Campo. Et la pression mondiale s’intensifie, avec la pétition pour la libération de Lula lancée par 300 intellectuels comme Noam Chomsky et Thomas Piketty, qui compte à ce jour près de 310 000 signataires.

Donné gagnant dans tous les cas, au premier et au second tour pour l’élection présidentielle en octobre, Lula est le seul rempart contre le candidat d’extrême droite suprématiste Bolsonaro, l’auteur de propos charmants comme « les descendants d’esclaves noirs ne font rien et ne servent à rien, même pas à procréer » ou encore « si je vois deux hommes dans la rue en train de s’embrasser je vais les frapper ». Bolsonaro a d’ailleurs paradoxalement soutenu la grève des routiers qui paralysé l’économie du Brésil (PHOTO GREVE) depuis une dizaine de jours, avant de se rétracter. Les routiers protestaient contre le prix du carburant et les travailleurs du secteur pétrolier ont d’ailleurs eux aussi entamé une grève le 30 mai : ils demandent l’arrêt des projets de privatisation de Petrobas, la compagnie pétrolière publique, notamment impliquée dans des scandales de corruption qui déstabilisent le pays depuis des années.

//RKP : On va en Europe, plus particulièrement en Europe du Sud, où les évènements en Italie et en Espagne sont symptomatiques d’un euro-libéralisme autoritaire et anti-démocratique.

//JULIE : En Italie hier, 90 jours après les élections législatives, La Ligue et le Mouvement Cinq Etoiles ont donc finalement trouvé un accord avec le chef de l’Etat Sergio Mattarella : l’eurocritique Paolo Savona sera ministre des Affaires européennes et le chef de l’extrême-droite ministère de l’Intérieur. Sous la pression européenne, le président italien a donc choisi de transiger. Mais comme l’a écrit notre contributeur Baptiste Peyrat pour Le Media Presse, « À la fin, ce sont les Allemands qui décident ». Or même si les Italiens ont exprimé leur dégoût de l’Europe de la précarité imposée par l’ordo-libéralisme d’une manière qui nous répugne, l’euro-scepticisme de l’Europe du Sud ne devrait plus être ignoré.

//RKP : Alors on va en Espagne maintenant, où le paysage politique se recompose après la démission du premier ministre Mariano Rajoy, avant même que la motion de censure ne soit votée.

//JULIE : Oui et c’est le socialiste Pedro Sanchez, qui a déposé la motion de censure, qui prend les rênes du prochain gouvernement. Mais comme le Parlement est toujours le même, le PSOE ne peut pas gouverner. Le paysage politique espagnol se recompose donc avec d’un côté, la droite traditionnaliste (le PP), d’un autre côté, le bloc centriste libéral (Ciudadanos), et enfin la recomposition possible d’une gauche allant du PSOE à Podemos.

Rappelons que le PP est tombé en raison d’une immense affaire de corruption, une affaire qui est venue aggraver la crise institutionnelle que traverse l’Espagne, notamment en Catalogne, et qui est accompagnée par une crise sociale terrible, pauvreté, chômage des jeunes qui atteint 35%… La gestion du conservateur Rajoy a été désastreuse : précarisation de l’emploi, répression des mobilisations citoyennes, services publics fragilisés… bref, le menu classique. Le tournant politique actuel que vit l’Espagne, historique depuis la chute de Franco, pourrait quand même donner de l’espoir, si par exemple une alliance entre PODEMOS et le PSOE était scellée. Ce pourrait être une potentielle alternative aux politiques imposées par Bruxelles. Mais rien n’est fait encore.

//RKP : On reste en Europe et on fait un tour, rapidement, en Turquie et en Slovénie.


//JULIE : Oui en Turquie avec des sondages qui ne sont pas très favorables à Erdogan, ou en tout cas moins que d’habitude. Alors que le tout-puissant président sortant espère une victoire dès le premier tour grâce à l’alliance forgée avec l’extrême-droite turque, le quotidien de l’opposition, Sözcü, créditerait Erdogan de 42 % des intentions de vote au premier tour. Il ne serait ainsi que très légèrement en tête, devant le candidat du principal parti de l’opposition, le CHP. Une mauvaise surprise pour Erdogan n’est pas à exclure…

En Slovénie, le 3 juin prochain les électeurs se déplaceront pour élire un nouveau parlement. Si celui-ci est pour le moment dominé par une coalition réunissant le centre et les sociaux-démocrates, il pourrait passer à droite. Le conservateur Janez Jansa joue la carte de la prétendue crise migratoire, de la « menace islamiste » et des réseaux anti-mariage pour tous pour fabriquer le consentement de l’opinion publique. Il dispose par ailleurs d’un allier de poids, il s’agit de… Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Les droites conservatrices et populistes continuent de gagner du terrain en Europe…

//RKP : Au Mali des élections présidentielles se préparent…

//JULIE : Le président Ibrahim Boubacar Keïta, malgré un mécontentement populaire de plus en plus évident, a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle du 29 juillet. En face, l’opposition formera une coalition d’une centaine de partis et d’associations pour réclamer l’alternance. Il est notamment reproché au président son incapacité à appliquer l’accord de paix et de réconciliation d’Alger, signé en 2015.

//RKP : On s’en fait une petite dernière ? Pour la route ?

//JULIE : Oui et pas des moindre… Une élection à laquelle nous ne participerons pas… Celle du MEDEF, qui aura lieu le 3 juillet prochain. Ça me permet de rappeler que notre camarade Serge Faubert, au JT du 24 mai dernier, a posé une question intéressante : « À quoi sert le MEDEF ? ». A retrouver sur le site du Média !



ITALIE ESPAGNE


RKP

Merci Julie.

Et à propos de recompositions politiques, et notamment en Italie et Espagne, Léonard tu voulais nous livrer ton analyse de la situation. Une analyse sous l'angle de la crise que traverse l'Union européenne... C'est ton billet du jour.


(BUMPER LE BILLET)


Leonard


Depuis un siècle ou à peu près, on s'interroge sur le rôle néfaste ou bénéfique jouée par l'orchestre du Titanic au moment du naufrage. On sait que les huit musiciens dirigés par le violoniste Wallace Hartley (INSERT 1), tous passagers de deuxième classe, ont joué des valses jusqu'à l'engloutissement du navire, et leur propre mort, terminant même leur tour de chant par un « Plus près de toi, mon Dieu » qui trahit quand même, un peu, le pathétique de l'entreprise. Mais sont-ils parvenus à vraiment calmer les passagers pendant le désastre ? Ou au contraire ont-ils donné un faux sentiment de sécurité, qui a ralenti l'évacuation du bateau ? Les avis divergent.

On peut se poser la même question maintenant que le puissant chef de la droite espagnole s'est fait sèchement remercier ce matin par son parlement, son parti totalement disqualifié par une gigantesque affaire de corruption. On peut en tirer aussi se poser ces questions aujourd'hui que, en Italie, la police est désormais entre les mains de l'extrême-droite, sous le regard bienveillant du Mouvement 5 Etoiles.

Car en Espagne comme en Italie, c'est la même comédie burlesque qui se joue, me semble-t-il : le délitement méthodique, domino après domino, de l'ordre qui servait de colonne vertébrale à l'Union européenne. Et tout ça dans les flonflons d'un orchestre qui nous joue et nous rejoue la même rengaine : « Tout va très bien, madame la Marquise ».

Il faut l'admettre sans faux-fuyants. La mosaïque incohérente de l'Union européenne à 28 se fissure de toutes parts. Des pays baltes à l'Italie, c'est un nouveau mur qui s'est élevé en quelques années, un mur de gouvernements où la droite gouverne avec l'extrême-droite (INSERT 2). Finlande, Lettonie, Norvège, Pologne, Hongrie, Autriche, Roumanie, Bulgarie, et maintenant Italie... Le Royaume Uni s'en va. Qu'est-ce qui reste ? L'Allemagne, toute-puissante, entêtée, politiquement obèse, avec ses satellites. Et la France, qui n'est nulle part.

Mais ces gouvernements traditionnels, comme le nôtre, sont fragiles, et donc crispés. Mal élus, autoritaires et bavards, ils ne s'appuient pas sur grand chose dans la société, sinon une pseudo société civile qui est en réalité une coalition d'intérêts privés. La preuve : partout, désormais, à chaque élection, c'est la crise, le grand coup de balai. Les vieux trônes sont renversés, de vieilles gloires renvoyés à leurs pantoufles, d'anciennes baudruches dégonflées d'un coup d'épingle.

Et on tremble, à chaque fois, sur les plateaux des milliardaires : gare au populisme, attention chiens méchants, Poutine, Assad, Maduro, Mélenchon égale Le Pen, bref... Le fascisme ne passera pas, ou alors simplement, soyez gentils, pas au ministère de l'Economie et des finances. Mais ne rions pas trop vite de cet apparent cynisme : c'est parfaitement cohérent. L'Union européenne joue sa survie, c'est-à-dire le maintien aux leviers de commande économiques de ses disciples. Et elle révèle, ce faisant, qu'elle maintient elle-même en respiration artificielle un écosystème qui agonise. C'est cohérent, et très dangereux.

Car oui, le « dégagisme » est bien une puissante lame de fond qui, en Europe, est en train de dissiper les fumées roses de l'illusion managériale, une illusion qui a consisté à croire qu'on pouvait faire un peuple avec un marché, qu'on pouvait créer un rêve avec des lois, qu'on pouvait décréter dans un comité de pilotage, entre DRH, l'avénement d'une union politique, avec sa force motrice faite, elle, de symboles, d'imaginaire et de rêve. Et derrière la fumée, on découvre qu'il y a de l'air pour respirer, mais aussi des monstres. On découvre un iceberg déjà bien enfoncé dans la coque du Titanic.

Alors qu'il y aurait tant de choses à faire avec l'Europe ! Une Europe rebelle à l'ordre injuste des empires, par exemple : voilà qui aurait de quoi réveiller les peuples. Une Europe tournée vers nos frères oubliés d'Amérique latine plutôt que vers l'obsession américaine du Moyen-Orient, pourquoi pas ? Une Europe qui ferait rêver le monde, plutôt qu'une Europe donneuse de leçons et distributrice de faveurs aux humiliés.

Au lieu de cela, l'Union européenne et ses musiciens s'enferment dans leurs rengaines, pendant que le bateau coule. Décidément, les think-tank ne font pas de sociétés de pensée et les managers jouent des valses bien pathétiques.




Merci Léonard.


On va continuer à parler de ce qui se déroule à l’étranger.

Plus de 12 réfugiés ont été tué par balles en Libye alors qu'ils tentaient de s'échapper d'un camp où ils étaient détenus et torturés. Cet événement que dénonce le Haut-Commissariat de l'ONU (HCR) a eut lieu le 23 mai dernier, dans la ville de Bani Walid, qui se situe à 180 kilomètres au sud-est de Tripoli.

Dans un communiqué paru aujourd'hui, le HCR explique que « les trafiquants d'êtres humains en Libye auraient tué plus d'une douzaine de personnes et blessé beaucoup d'autres après qu'un groupe d'environ 200 Erythréens, Ethiopiens et Somaliens, qui étaient maintenus en captivité, eurent tenté de s'évader ». Certains d'entre eux avaient passé plus de trois ans en captivité. L'HCR a fermement condamné ces crimes perpétués par des bandes armées, rappelant que ces réfugiés avaient plus que jamais besoin de la communauté internationale.

Pour rappel, la ville de Bani Walid est un lieu particulièrement dangereux pour ceux qui tentent de fuir leur pays. On y compte une vingtaine de centres de détention illégaux tenus par des milices qui enlèvent ces réfugiés, les torturent et téléphonent à leurs familles leur demandant des rançons, comme le rapporte plusieurs sources et ONG locales.

Dans un communiqué, le HCR a déclaré je cite, “Ce dernier incident mortel démontre, une fois de plus, l'énorme défi que représente la protection des réfugiés en Libye, où de nombreuses personnes fuyant la guerre et la persécution sont la proie de réseaux criminels". Fin de la citation.



Retournons en France, avant de conclure ce journal.


Clément Méric


Il y a bientôt cinq ans, il tombait sous les coups de militants d’extrême droite. C’était le 5 juin 2013. Cinq années plus tard on oublie pas Clément Méric, ce jeune antifasciste qui avait 18 ans.


Ce week end est organisé un week end antifasciste de lutte et d’hommage. Demain une manifestation antifasciste est prévu à midi à Gambetta, à Paris. Cette manifestation rejoindra celle contre la loi asile et immigration.

Et dimanche, le club de football, le MFC 1871, Ménilmontant football club, organise un match en son honneur. Ils jouent le deuxième tour de coupe de France, qu’ils dédient à Clément Meric qui était un passionné de ce sport.


PSG féminin


Toujours en parlant de football, on salue la prestation des parisiennes hier. L’équipe féminine du PSG a battu l’OL 1-0 et gagne la coupe de France. Pour l’occasion on s’est demandé combien gagnent les joueuses parisiennes.

Alors qu’au PSG, Neymar touche un salaire annuel de quelque 36 millions d'euros.

Laure Boulleau, l’arrière gauche du PSG, joueuse française la mieux payée du club, qui met un terme à sa carrière avec ce trophée, touche 51 000 euros annuels. Il y a encore du chemin pour que les sportives soient équitablement reconnus par rapport à leurs équivalents masculins.


C'est la fin de ce journal, si vous l'avez aimé, abonnez vous à notre chaîne YouTube. N’hésitez surtout pas à cliquez sur les pouces pour nous dire que vous appréciez ce journal. Partagez nos vidéos. Faites connaître Le Média, parlez en à vos amis, à vos collègues. Et devenez socios.

Restez avec nous, après le journal vous retrouverez Aude Lancelin qui anime le monde libre. Avec ses invités, elle se questionnera sur le tabou de la violence en politique.

Lundi vous retrouverez Virginie à la présentation.

Merci de nous avoir suivi.

A lundi, et bonne soirée !


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